Musique
Read this post in English →Joshua Bell était un violoniste prodige acclamé par la critique, un des rares propriétaires d’un Stradivarius, estimé à 3.5 M$ à l’époque. En 2007, il fit une expérience : jouer ses meilleures pièces… dans une station de métro. Incognito, en tant qu’artiste de rue. Personne ne savait ce que son violon valait, ni qu’il était mondialement reconnu.
Est-ce que les passants ont réussi à reconnaître son talent? À voir la beauté au quotidien? Est-ce qu’une foule s’est accumulée? Pas du tout. Il n’y eut jamais plus que 2 personnes à la fois qui l’écoutaient, sur les 1097 passants.
Tous les enfants le regardaient avec émerveillement, puis tous leurs parents les tiraient pour aller plus vite. La grande majorité de ceux qui se sont arrêtés connaissaient la musique, étant eux-mêmes musiciens, ou ex-musiciens.
Est-ce parce que la beauté n’est perçue que si nous avons des connaissances communes? Non, puisque les enfants ont reconnu le talent, eux. Est-ce parce que les autres n’avaient pas le temps? Ou simplement parce que personne ne leur avait dit que c’était un violoniste de talent? Est-ce que les gens ont besoin des autres, de “spécialistes” pour savoir ce qui est bon? Ce qui est beau?
Alors, est-ce que n’importe quel auto-proclamé spécialiste peut vous faire croire n’importe quoi, à la seule condition qu’il soit crédible? Et quoi de plus crédible que quelqu’un qui dépense des milliards de dollars en marketing pour vous faire croire que la merde qu’il vous vend est en fait géniale.
(FICTION) Guide pour: * Musique * : tiré du roman Interverti